Giocare per non isolarsi
di Muriel Françoise
Daily tous les jours ha sede nel quartiere Mile End, nel cuore di una città plasmata da un patrimonio industriale che è possibile toccare con mano spostandosi leggermente, costeggiando una vecchia ferrovia. «Ormai è la casa di tanti artisti, designer e musicisti. È un ambiente molto stimolante», racconta Melissa Mongiat, cofondatrice dello studio del Québec, i cui progetti unificanti sono apprezzati in tutto il mondo. Al fianco di Mouna Andraos, la studiosa di ambienti narrativi presso la Central Saint Martins di Londra si è posta l’obiettivo di avvicinare i suoi coetanei proponendo esperienze insolite. Le altalene musicali inaugurate nel 2011 nel Quartier des spectacles a Montréal hanno riscosso un grande successo di pubblico, attirando le persone in un luogo abbandonato dalla fine dei lavori. Risultato della collaborazione con un musicista, le installazioni davano vita a una melodia la cui delicatezza si manifestava secondo la frequentazione del sito. Il concept si è diffuso a tal punto da conquistare persino la Baviera e la Carolina del Nord. Città del Design Unesco dal 2006, Montréal si distingue per una creatività onnipresente nelle strade e idee al servizio della collettività. «Le persone che non si conoscono hanno bisogno di momenti particolari per convivere meglio. Mescolarsi agli altri attraverso il gioco contribuisce ad abbattere le barriere. Tuttavia, con l’età il diritto al gioco sembra venir meno», dice Melissa che, con il suo team, è impegnata per la reintroduzione delle attività ludiche nelle città attraverso la poesia. «L’assenza di socializzazione che porta all’isolamento ci preoccupa. La pandemia ci ha insegnato che abbiamo bisogno degli altri». Tra i progetti principali ci sono dei trespoli per esseri umani disposti lungo una passerella in un rifugio per rapaci a Saint-Jude, vicino a Montréal. Il sentiero svela un paesaggio sonoro modulato dalla natura e dai visitatori, quando questi ultimi si siedono o salgono sui trespoli in alluminio previsti. Un’opera creata con la compositrice Keiko Devaux assieme a un biologo. Hornby Island, nella Columbia Britannica, ospita invece un sistema di compostaggio vocale (progettato con il designer Guillaume Sasseville) che trasforma i messaggi dei visitatori in armonie che risuonano nella foresta. Lo studio, che vanta installazioni temporanee o permanenti in oltre 60 città, tra cui Milano e Sanremo, sta lavorando al primo progetto per Parigi. L’obiettivo? Sfruttare il gioco per tessere nuovi legami portando un po’ di meraviglia.
Articolo in lingua originale
Le QG de Daily tous les jours se trouve dans le quartier du Mile End, au cœur d’une ville façonnée par un solide héritage industriel dont on peut prendre la mesure à quelques pas de là, le long d’une vieille voie ferrée. « Beaucoup d’artistes, de designers et de musiciens s’y sont installés. C’est un environnement très stimulant», raconte Melissa Mongiat, cofondatrice du studio d’art et de design québécois dont les projets rassembleurs rayonnent aux quatre coins du monde. Épaulée par Mouna Andraos, la diplômée en environnements narratifs de la Central Saint Martins, à Londres, s’est donnée pour mission de rapprocher ses contemporains grâce à des expériences insolites. Des balançoires musicales inaugurées en 2011 dans le Quartier des spectacles, à Montréal, ont drainé un large public vers un lieu déserté à l’issue de travaux. Grâce à un projet mené en collaboration avec un musicien, celles-ci créaient une mélodie dont la finesse se révélait au gré de la fréquentation du site. Depuis, le concept a voyagé. Ces balançoires extraordinaires ont même été installées à demeure en Bavière et en Caroline du Nord. Ville Unesco de Design depuis 2006, Montréal se distingue par une créativité omniprésente dans ses rues et des idées au service du collectif qui essaiment par-delà les frontières et même les continents. «Les personnes qui ne se connaissent pas ont besoin de moments étranges pour mieux vivre ensemble. Se mêler aux autres grâce au jeu permet de faire tomber les barrières. Or avec l’âge, on perd bizarrement le droit de jouer », souligne Melissa Mongiat qui s’emploie avec son équipe à réintroduire des activités ludiques dans les villes au moyen d’œuvres poétiques. «Le manque de socialisation de notre époque et l’isolement qui en résulte nous inquiètent. La pandémie nous a montré à quel point nous avions besoin des autres pour exister », appuie-t-elle.
Parmi les projets phares de Daily tous les jours figurent des perchoirs pour humains disposés le long d’une passerelle dans un sanctuaire pour des oiseaux de proie, à Saint-Jude, près de Montréal. Le sentier dévoile un paysage sonore modulé par la nature et les visiteurs lorsque ceux-ci s’assoient ou se hissent sur les perchoirs en aluminium aménagés à leur intention. Une prouesse orchestrée avec la compositrice de musique contemporaine Keiko Devaux, ainsi qu’un biologiste. L’île d’Hornby, en Colombie-Britannique abrite, quant à elle, un système de compostage vocal – conçu avec le designer Guillaume Sasseville – qui transforme les messages des promeneurs en harmonies résonnant dans la forêt. Le studio québécois, qui compte à son portfolio des réalisations éphémères ou permanentes dans plus de 60 villes, dont Milan et Sanremo, planche sur son premier projet à Paris, dans le quartier de Saint-Denis. Le jeu servira à y tisser de nouveaux liens entre les hommes et à auréoler un peu plus encore le quotidien de merveilleux.
